About | HeinOnline Law Journal Library | HeinOnline Law Journal Library | HeinOnline



20 Criminologie 3 (1987)

handle is hein.journals/revucmnlog20 and id is 1 raw text is: 





EDITORIAL


     Dans ce numéro  sur la justice pénale et les médias, nous voulons
poser quelques questions aux médias, eux qui se chargent de véhiculer
informationset idées. Comment parexemple  s'acquittent-ils de leurrôle?
Vont-ils au fond des choses? Vérifient-ils les faits, prennent-ils leurs
distances par rapport à eux ou se contentent-ils d'expédients renforçant
ainsi les stéréotypes? Vont-ils seulement dans un sens? Ne critiquent-ils
qu'en surface? Protègent-ils des groupes plus que d'autres? Engagent-ils
leurs lecteurs sur de fausses pistes? Enfin, est-ce qu'ils tendent à établir
un monde  plus juste ou à perpétuer les «bêtises» de la justice pénale?
     Cinq articles débattent de ces questions de différentes façons. Un
premier montre l'influence de la presse dans la fabrication de la loi (celui
de Maria  Los). L'auteure fait porter son enquête sur la loi des jeunes
contrevenants et tente de voir si la presse se contente d'affirmer que la loi
proposée répond à un «besoin social», remplit une fonction symbolique
ou sert la légitimité de l'«ordre dominant».
     Le deuxième article (Ronald Crelinsten) s'attaque spécifiquement à
cette question de légitimation non pas pour savoir si la loi que propose
l'État le sert bien, mais pour savoir si la presse sert elle-même en
définitive à légitimer certains groupes aux dépens des autres. Dans cet
article, l'auteur analyse les événements rapportés dans la presse à l'occa-
sion de la Crise d'octobre en 1970 au Québec.  Il remarque, dans  un
premier temps, que le F.L.Q. reçoit sa juste part de traitement dans la
presse, mais qu'assez tôt, cette même presse penche systématiquement
vers le bien-fondé des mesures de guerre.

     En fait, les deux premiers articles démontrent en quelque sorte la
façon dont  les journaux contribuent à la construction de la catégorie
«crime», suggérant que certains comportements méritent bien cette ap-
pellation et justifient ainsi les pratiques qui s'ensuivent.
     Le troisième et le quatrième articles, ceux de Francine Soubiran-
Paillet et de Thomas Gabor et Gabriel Weimann, étudient la façon dont la
construction de la réalité ayant trait à la catégorie «crime» se perpétue
dans une routine presque parfaite à travers les récits de presse sur lesdits
crimes.
     En analysant deux quotidiens, Francine Soubiran-Paillet examine
comment   les journalistes traitent les délits contre les biens (vol, abus de


Criminotogie, XX.i, 1987