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5 ERA F. 4 (2004)

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Sarah Jund                                                                      ER



     Editorial
     Sarah Jund*

     Dans  le cadre d'une réorganisation de la structure de son unité des programmes,
     l'Académie  de droit européen (ERA) a mis en place en 2002 une section spécialisée
     en droit européen des affaires. Son domaine d'activités est aussi vaste et divers que
     l'est la matière elle-même et englobe entre autres, dans notre acception, les régimes
     de  libre circulation et de concurrence, l'espace financier européen, le droit des
     sociétés et la fiscalité. Il offre des points de contact évidents avec des spécialités
     relevant d'autres sections de l'ERA, telles que la protection des consommateurs, le
     droit international privé ou encore la propriété industrielle. Comme toute autre
     branche  du droit communautaire, le droit européen des affaires ne s'entend que par
     entremêlement  avec le droit national, et ne peut être pleinement appréhendé que dans
     son contexte international de libéralisation des échanges. L'ERA a d'ailleurs depuis
     quelque  temps déjà étendu  ses activités au cadre juridique entourant l'action de
     l'Union européenne  dans les relations commerciales internationales.

     Le  droit des  affaires constitue un ensemble  développé   inégalement  en droit
     communautaire   : point n'est ici besoin de revenir sur les multiples projets de la
     Commission en droit des sociétés ayant connu atermoiements et échecs, et
     conduisant   celle-ci à se  borner  principalement  à l'ambition  d'une  simple
     coordination des droits nationaux autour de la liberté d'établissement, aidée en cela
     par  la jurisprudence  de  la Cour  de  justice. Reconnaissons  toutefois qu'un
     frémissement  notable se fait sentir en ce domaine : l'adoption du Statut de la société
     européenne  a sans doute marqué  le début de la mise en place d'un véritable droit
     communautaire   des sociétés. Comme   l'explique toutefois Rolf Diemer dans  son
     article consacré aux propositions de la Commission sur la base imposable consolidée'
     des sociétés, ce statut risque bien de rester lettre morte s'il n'est pas accompagné de
     règles fiscales appropriées. C'est en effet sans doute en matière de fiscalité que le
     bilan des efforts européens reste le plus maigre, pour les raisons bien connues tenant
     au caractère régalien de cette compétence des États membres, reflété par la pauvreté
     du  Traité en  dispositions fiscales. Là encore, le levier offert par les libertés
     fondamentales  et le rôle de la Cour de justice sont à saluer, mais restent insuffisants.
     En  évoquant en conclusion les réticences politiques entourant les propositions de la
     Commission,   Rolf Diemer ne nous invite pas à l'optimisme dans ce domaine.

     L'espace  financier européen,  lui, est en chantier. Certes, la monnaie  unique
     européenne  s'est mise en place sans accroc et fait désormais naturellement partie de
     notre  quotidien, même   si des voix  nostalgiques se font entendre  et que  des
     partenaires essentiels ne l'ont pas encore adoptée. Beaucoup reste cependant à faire
     en  matière  d'investissement, de libre circulation des capitaux et des services
     financiers : la Commission s'y est attelée en lançant son Plan d'action sur les services
     financiers en  1999, et l'année 2004 offrira certainement à l'ERA  l'occasion de
     procéder  à une évaluation du chemin parcouru depuis lors.


       *  Sarah Jund, LL.M., Directrice des programmes de l'Académie de Droit Européen de Trèves (ERA).
4         v. page 103.